Depuis le 25 mai dernier, trois réunions ont été organisées qui ont matérialisé le Djiin : les Cafés des OS, au café de l’Industrie à Paris XIè. Chacun de ces rendez-vous a réuni de 20 à près de 70 personnes motivées pour participer ou simplement être informés des initiatives de notre collectif. Six mois après qu’aient été énoncés quelques principes définissant sa démarche, nous avons formalisé lors du troisième café qui s’est tenu le 20 octobre trois axes par lesquels le Djiin souhaite entrer de plain pied dans le débat sur l’avenir du journalisme sur Internet, avec tout le renfort et le soutien que pourront lui fournir ses adhérents.
Pour chacun de ces champs, un « chargé de mission » a été désigné. Il n’est en aucun cas le factotum du collectif : il est le coordinateur des bonnes volontés et des idées qui remonteront à lui dans le cadre de son travail. A ce titre, chacun des adhérents du Djiin est invité à participer avec ses idées, ses compétences et son réseau à la progression et à l’efficacité de ces travaux.
Afin de légitimer sa place dans le débat, le Djiin souhaite y apporter des faits objectifs, des données vérifiées sur la réalité du web d’information en France : nombre de « postes » occupés par chaque journaliste, suivant les standards de la profession, degré de collaboration du média « mère » avec le web, grille de salaire utilisée pour la rémunération, etc. La « mission statistique » aura pour tâche d’élaborer un questionnaire pertinent, détaillé et objectif qu’elle diffusera et dont elle centralisera les résultats pour sortir des approximations, généralités et mythes du web d’info. En charge de coordonner cette initiative, Mélissa Bounoua, rédactrice du blog MissPress et journaliste pour Arte. Elle sera la référente de la « stat force ».
Le Djiin promeut l’idée de partage des expériences journalistiques de chacun sur le web : outils, pratiques, échange avec les internautes… De la confrontation de la variété de point de vue que permet sa structure non exclusive (la seule condition requise pour participer aux travaux du Djiin étant de travailler ou d’avoir travailler sur un média web en tant que journaliste), le Djiin souhaite faire un usage commun dans le sens de l’élaboration de propositions d’ordre général portant sur toute la chaîne de production de l’info web : depuis la gestion des commentaires jusqu’à la rémunération des photos en passant par l’usage des réseaux sociaux et la politique de liens. Pour centraliser les idées et les croiser pour obtenir des propositions les plus claires possibles, Samuel Laurent, journaliste pour Le Figaro.fr, sera le chargé de « mission programme », la « fact force » du Djiin.
Ces deux initiatives, si elles sont centrales dans la démarche du Djiin, demanderont du temps, même si les chargés de mission partageront le fruit de leur travail à mesure de son avancée. Or, chaque jour, les médias traditionnels (et parfois le web) laissent le journalisme sur Internet et le web être caricaturés et brocardés sans corriger ce qui relève parfois de la simple honnêteté intellectuelle. Entre le « complot », invoqué par certains, et les « rumeurs », que d’autres prétendent voir circuler par torrent sur Internet, le Djiin se doit, régulièrement mais sans aigreur, de rectifier les divagations de certaines figures médiatiques qui, par leur méconnaissance, décrédibilisent (parfois volontairement) Internet et les médias qui y officient. Avec justesse, autant d’humour que possible mais sans jamais s’attaquer aux personnes, la « mission riposte » du Djiin tentera de répondre à ceux qui ne voient que le mal du web et oublient tous les bénéfices que peut en tirer, entre autres, la profession de journaliste. Pour coordonner l’action de cette « lol force », Alexandre Hervaud, ancien du site Ecrans (de Libération), a été nommé référent.
Maintenant doté d’axes de travail et de réflexion, l’action du Djiin sera coordonnée par les trois chargés de mission et par moi-même, chacun des référents devant initier les réunions, échanges et communications nécessaires à son travail… Mais ce n’est pas une raison pour leur laisser tout le boulot : sans l’aide des 100 et quelques adhérents du Djiin, ils ne pourront rien faire et notre initiative pour le Développement du journalisme, de l’information et de l’innovation numérique restera un joli sigle vide d’effets. Précisément ce qu’aucun d’entre nous ne souhaite, sans quoi personne ne se serait jamais présenté au café de OS.
Ce rendez-vous demeurera par ailleurs comme une réunion générale mensuelle du Djiin et un pot pour se retrouver tous ailleurs que sur le terrain ou sur Facebook. Afin que les adhérents de province puissent se joindre à nous, il se déroulera désormais systématiquement le vendredi à partir de 20h30, toujours au bar du Café de l’Industrie, là où tout a commencé. Une salle nous sera réservée dans le fond pour une heure afin de débriefer tous ensemble, après quoi, eh bien, vous faites ce que vous voulez ! La date du café des OS de novembre vous sera communiquée sous peu. En attendant, n’hésitez pas à demander de plus amples informations sur le mail du Djiin, en attendant la création d’adresses spécifiques pour les trois chefs de mission et moi-même.
A très bientôt à tous et forçatez bien !
Sylvain, membre fondateur du Djiin.