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Pourquoi je ne participerai pas au débat des «forçats» : le Djiin est là pour débattre, je ne débattrai pas en son nom
Réponse à la proposition de MissPress faite sur son blog d’un « débat entre forçats du journalisme », organisé en plusieurs volets courant juin et réunissant, entre autres, Johan Hufnagel, Benoît Raphaël et autres personnalités du web d’info.
Au risque d’en décevoir, à commencer par MissPress elle-même malgré sa bonne volonté, je ne participerai pas à ces débats. Pour m’en expliquer, j’ai décidé d’exposer publiquement, sur ce blog temporaire, les trois raisons qui motivent ce choix.
- Participer à ce débat, ce serait contredire l’idée même du Djiin : débattre, échanger et réfléchir le journalisme web ne doit pas se faire « contre » les autres mais ensemble. Mettre le Djiin face à un représentant de l’Express.fr, Arte.fr et autres, ce serait laisser apparaître des chapelles du journalisme web dont les sonneurs de cloche défendent les enfants de cœur et la liturgie du coin contre les autres. Au prix d’une petite métaphore : ce serait réunir Martine Aubry, Vincent Peillon, Laurent Fabius… et un porte-parole du Parti socialiste s’exprimant en son nom pour débattre du futur du PS ! Tout le propos du Djiin est justement de réunir les journalistes, notamment les petites mains, pour réfléchir leur métier. L’échantillon donne par ailleurs une importance excessive à l’article de Xavier Ternisien (encore plus en l’invitant) : le débat lui préexistait et l’idée du Djiin aussi. Par ailleurs, qu’en est-il des sites de radio ? Des journaux spécialisés ? De ceux d’agences de presse ? Des photographes ? Si le Djiin a été créé, c’est pour discuter avec tous.
- Le Djiin existe à peine. Quand j’ai reçu cette proposition formellement (mardi soir à 23h52), le premier billet exposant les arguments qui fondent le Djiin datait d’un peu plus d’une journée et l’appel à l’adhésion était vieux de moins d’une demi-heure. Il ne s’est pour l’instant pas réuni, n’a pas débattu, exposé d’idée, centralisé des conclusions, organisé d’initiative… Bref, il est encore à un stade embryonnaire où une expression publique contredirait son principe même de concertation.
- Je ne suis pas le Djiin, ni personne individuellement. Le principe même de la forme associative ou collective est d’offrir une personne morale pour incarner une initiative, en l’occurrence un débat renouvelé sur le journalisme web. Le Djiin veut être aussi neutre que possible : me mettre en avant incarnerait l’association en Marianne2, ce qui est extrêmement réducteur, ne serait-ce qu’au vu des profils des premiers adhérents.
La façon dont le Djiin s’exprimera et ce qu’il dira, nous le déterminerons collectivement. En attendant, toutes les contributions sont les bienvenues pour aider à sa mise en place. Merci par avance de votre aide.